EMMANUEL COUDEL

UNE VIE A FAIRE AIMER LA NATURE

Emmanuel Coudel (à droite) lors d'une intervention dans le massif des Bauges
Emmanuel Coudel (à droite) lors d'une intervention dans le massif des Bauges

PORTRAIT - Depuis 30 ans, Emmanuel Coudel œuvre à la valorisation de sites naturels et travaille pour l’éducation à l’environnement. Derrière l’expert se dévoile un amoureux de la nature, qui pratique au quotidien ce qu’il préconise dans un cadre professionnel.

 

Emmanuel Coudel est un homme de convictions. Celles-ci ont balisé son itinéraire professionnel. Sa conscience écologique et environnementale l’a aussi conduit à faire des choix de vie différents de ceux de la majorité de ses contemporains. « Mon épouse et moi avons opté pour une vie simple », explique l’homme bientôt âgé de 60 ans. « Nous habitons dans une maison à la campagne, nous avons notre propre potager. Nos enfants ont grandi dans ce contexte rural », témoigne Emmanuel Coudel. Ceux-ci ont été positivement influencés par ce mode de vie puisque tous ont un métier en rapport avec le vivant. « L’un travaille avec des paysans au Brésil pour lutter contre la déforestation, un est médecin, un autre s’investit dans la construction de maisons écologiques tandis que le dernier fait une thèse sur les cèdres de l’Atlas », confie avec un sourire Emmanuel Coudel.

 

Une enfance très « nature »

C’est dans sa propre enfance qu’Emmanuel Coudel identifie les racines de ses engagements actuels qui professionnellement se traduisent par son activité d’expert en nature et environnement. Au sein du réseau Champ Libre, elle complète idéalement le panel des autres spécialités développées par les agences membres. « J’ai grandi dans une cité ouvrière près de Caen. Mais mes parents nous emmenaient régulièrement à la campagne et notamment dans le Jura, chez mes grands parents », se souvient Emmanuel. Là, il passe de longues heures à arpenter la nature et s’émerveille de ce qu’il y découvre.

 

Diplômé de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, Emmanuel Coudel arrive sur le marché du travail alors qu’un embryon de conscience écologique se développe en France. En 1976, année du vote de la première loi sur la nature,  il suit une formation en aménagement écologique du territoire à Philadelphie (Etats-Unis). « De retour en France, j’ai choisi un travail de terrain avec l’élaboration de chartes de territoire et des contrats de pays », explique Emmanuel Coudel. Alors qu’il œuvre en ce sens en Franche-Comté, il propose de créer la Maison de la Nature de Brussey (Haute-Saône) dont la mission est l’éducation à l’environnement. Un travail auquel s’attelle avec passion Emmanuel Coudel.

 

A l'origine de la formation éco-interprète

Quelques années plus tard, Emmanuel Coudel est appelé à développer les CPIE en Franche-Comté. Il répond alors à la demande de la Région et du Ministère de l’Environnement le sollicitant pour créer un cursus visant à former des responsables pédagogiques de Centres Permanents d’Initiatives pour l’Environnement (CPIE), de service environnement au sein de PNR, de ville ou de département. « C’est de cette manière qu’est née la formation d’éco-interprète ». Une formation reconnue nationalement pour sa qualité et qu’ont suivi depuis sa création près de quatre cent personnes.

 

C’est en 1993 qu’Emmanuel Coudel ouvre son cabinet de conseil en environnement dont l’activité se divise entre la mise en place de structures d’éducation à l’environnement (maisons de l’environnement ou sites dédiés) et la mise en valeur de sites naturels ayant vocation à accueillir du public. A travers ses travaux, Emmanuel Coudel parie à chaque fois sur la capacité d’émerveillement des publics. « Sans tomber dans la naïveté, je pense qu’il y a beaucoup de discours sur l’environnement avec des accents trop angoissant, notamment lorsque l’on s’adresse à un jeune public », remarque Emmanuel Coudel. Ainsi, à l’image d’un Jean-Marie Pelt dans lequel il se retrouve parfaitement, Emmanuel Coudel tend à développer une image positive et respectueuse de l’environnement. « Car nous avons finalement besoin de peu pour vivre », souligne cet amoureux de la nature dans un dernier regard souriant.